Nous étions présents à la manifestation devant le domaine le 11 septembre 2021 parmi beaucoup d’autres.
Ce sujet vaut exemple du peu de cas que ce gouvernement fait du contexte de l’urgence climatique et de la démocratie.
Ce domaine de Grignon a 5 siècles d’histoire. A partir de 1826 il est dédié pour faire une Institution agronomique qui deviendra, en 1971, l’Institut National Agronomique Paris-Grignon puis AgroParisTech en 2007.
300 hectares où se côtoient patrimoine architectural, naturel, universitaire et scientifique. Patrimoine matériel et immatériel.
Dès mai 2008, AgroParisTech et l’Inra signent une déclaration d’intention commune pour un regroupement francilien et le développement d’un projet de campus (Paris-Saclay), une manœuvre préparatoire à la cession du domaine au privé.
En 2016, un projet de rachat par le PSG (Le maire de Montigny le Bretonneux de l’époque souhaitait l’implantation sur la base de loisirs) avait échoué, un collectif pour le futur du site était alors créé.
L’Etat veut vendre dans des conditions opaques alors qu’il devrait s’agir d’une procédure publique. Seuls les critères d’enjeux financiers et urbains sont avancés. Aucune exigence en matière écologique, seul le profit privé compte.
Un projet ambitieux « Grignon 2026 » (1) propose un centre international dédié à l’agriculture, à l’alimentation et à l’environnement. De l’intelligence collective.
En dépit du soutien de nombreux élus municipaux (de 31 communes !), départementaux, régionaux et nationaux, associations, étudiants, chercheurs, riverains, syndicats et en pleine période estivale, l’Etat l’a retoqué sans respecter les procédures légales et a décidé de vendre (30 septembre) au promoteur Altarea Sogedim dont l’unique objectif est le profit à court terme et la satisfaction de ses actionnaires. Cerise sur le gâteau immobilier, le promoteur bénéficiera de confortables réductions fiscales.
Non seulement nous perdons un patrimoine public mais nous donnons l’argent public au promoteur par le biais des réductions fiscales (au détriment de nos services publics).
Conclusion :
Cession opaque du patrimoine public avec des réductions fiscales généreuses, un manque à gagner pour le Trésor public, alors que cette vente ne répond à aucune demande ni besoin.
Des hectares à bétonner au nom du Profit.
Un déni des représentants élus, des citoyens.
Une contradiction totale entre les discours (déclarations de Macron sur le climat et son discours à Marseille) et les actes de ce gouvernement.
Voici un cas d’école du néo-libéralisme au pouvoir, sans vergogne.
« En même temps » on saccage les jardins ouvriers d’Aubervilliers (2) pour construire une piscine olympique, on bétonne à tout va pour le « Grand Paris » (Triangle de Gonesse (3), Saclay (4) …) à l’opposé de tout ce qui serait nécessaire pour préparer un futur écologique et social.
Quelques repères sur les combats à venir :
Marche des Terres les 9 et 10 octobre 2021
Notes
(1) https://grignon2000.fr/grignon2026-actu-78/
(2) https://www.bastamag.net/Jardins-Aubervilliers-expulsion-Grand-Paris-Amenagement-ZAD-manifestation
(3) https://reporterre.net/Une-decennie-de-lutte-pour-sauver-les-terres-fertiles-du-triangle-de-Gonesse
Liens
https://www.mediapart.fr/journal/france/110921/grignon-une-meme-colere-nous-rassemble
De Christian Rozé lu lors de la manif du 30/09/21
Le domaine de Grignon doit rester public
Le domaine de Grignon a une belle histoire;
Depuis que François Premier en fit don notoire
A Diane de Poitiers, le domaine fut concédé
A la famille De Belièvre et le château édifié.
C’est Charles Dix qui l’acquit et le transféra
A l’Institution Royale Académique qu’il créera
Pour enseigner les bonnes méthodes agricoles
Et en faire une prestigieuse et nationale école.
L’école nationale d’agriculture de Grignon
Fusionna pour devenir INA-Paris-Grignon.
Le site comporte de magnifiques constructions
Dans un très bon état de conservation.
Ce domaine national non aliénable,
Sur près de trois cent hectares cultivables
S’étend pour permettre toutes les cultures
Aux heureux étudiants de l’agriculture.
Le projet de vente de ce bijou du peuple
Est sacrifié à la finance et on le dépeuple
Au profit du Paris Saclay , idée sarkozienne
Reprise bêtement par l’équipe macroniénne.
Nous sommes les gens, à ce bien populaire attachés
Ne pouvons accepter cela, et le domaine lâcher !
Le bien du peuple ne peut être privatisé,
En aucun cas il ne peut être dénationalisé.
Ensemble devant le ministère de l’agriculture
Voulons montrer de ce pouvoir la forfaiture !
Trop, c’est trop ; coupable est ce gouvernement
Ne laissons pas faire ! Soyons tous résistants !