Poubelles, la vie
Ça y est. Depuis le 1er janvier, les villes doivent mettre à disposition des solutions pour trier les déchets alimentaires. Pas simple : beaucoup de communes ne sont pas prêtes. Sans parler du millefeuille administratif entre la commune et l’agglomération, l’un des freins est la crainte que les composteurs deviennent des hôtels pour rats.
Pour réussir le tri des déchets, l’organisation doit s’équilibrer entre habitat collectif et individuel. Les composteurs collectifs offrent une certaine flexibilité aux habitants des immeubles et sont moins coûteux que la collecte porte-à-porte. Depuis un an et demi, Limoges teste des bornes de collecte. À Besançon, plus de 80% des maisons individuelles ont des composteurs. À Paris, la collecte se fera en points d’apport volontaire. Et à SQY ?
S’il est plus ou moins simple de composter dans une maison individuelle, c’est différent dans un appartement quand on manque de place : il faut habiter une résidence avec espaces verts dont au moins 10 logements veulent participer, et faire voter l’équipement à la majorité des copropriétaires. Les réactions sont souvent négatives : « je n’en veux pas, ça attire les rats, j’attends que la ville installe des composteurs de quartier ».
Nous y voilà : même les plus individualistes demandent une solution partagée. Or, à Montigny et à SQY, nous avançons à pas de fourmi sur le compostage collectif dont la mise en place doit être soutenue par une association ou une maison de quartier. Une gestion complexe pour les habitants des immeubles, locataires ou propriétaires, au risque de les laisser privés de solution.
Sans volonté politique, l’appel aux bonnes volontés individuelles ne s’attaque pas à la cause des problèmes de société. La loi ne prévoit pas de sanctions pour les collectivités sans tri des biodéchets. Cependant, la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), qui porte notamment sur les déchets du « tout-venant », va augmenter jusqu’en 2025. Les communes ont donc intérêt à diminuer les déchets ménagers. Nous aussi, mais nous ne pouvons pas avancer seuls.
contact@montigny-solidarite.fr – a.hetier@montigny78.fr – d.nadeau@montigny78.fr
(télécharger la tribune au format pdf)