Pour nos chères têtes blondes et brunes … (octobre 2023)

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Pour nos chères têtes blondes et brunes …

Le cartable pèse lourd, trop lourd, sur le dos des enfants : d’après les parents d’élèves de la FCPE, les cartables des collégiens pèsent plus de 17 % de leur poids ! Lourd aussi pour les familles, avec une hausse du coût des fournitures de plus de 11 % selon l’UFC-Que Choisir. C’est plus que l’inflation sur l’alimentation. Les activités périscolaires et extra-scolaires augmentent elles aussi.

Ce qu’on allège, en revanche, ce sont les effectifs de l’Éducation nationale. Chaque rentrée voit son lot de classes fermées ou de professeurs manquants, mais cette année, le budget de l’Éducation a subi un tsunami de suppressions de postes : 1 500 enseignants en moins. Et à Montigny ? La Ville a dû intervenir auprès de l’Académie de Versailles pour que soit maintenue une classe à l’école Paul Fort, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir.  Tous les ans, les mêmes scènes se répètent : jusqu’à quand ?

Conséquence de choix gestionnaires contre-productifs, ce refus de prendre au sérieux la qualité de l’enseignement est ressenti par tous les membres de la communauté éducative. Moins d’enseignants, toujours plus précaires (ils sont de moins en moins titulaires de leur poste), une augmentation de la taille des classes qui dégrade les conditions de travail de chacun. Depuis plusieurs années, au nom du « sérieux » budgétaire, on prive l’école des moyens nécessaires à assurer l’avenir de nos enfants.

Indispensables pour éviter le chômage, les diplômes montrent d’énormes écarts : selon l’INSEE, en 2020, 74 % des cadres supérieurs détiennent un diplôme au-delà de bac +2, contre 3 % des ouvriers et 10 % des employés. De quoi démonter le mythe de l’ascension sociale « au mérite ». L’école ne crée pas ces inégalités, mais elle y participe en favorisant les enfants de diplômés. Avec des établissements privés pour les mieux lotis, des cours particuliers qui foisonnent, et l’école publique pour les autres, l’école est le reflet d’une France à deux vitesses.

On pourrait penser un autre système éducatif où les élèves auraient des chances égales et seraient accompagnés pour progresser. Où ils ne seraient pas sommés de définir au plus tôt leur orientation de façon à mettre un maximum d’élèves en face de chaque professeur. Où il y aurait, au contraire, « un professeur devant chaque classe », comme le dit le Ministre lui-même. Si, selon l’article L.111-1 du Code de l’éducation, « l’éducation est la première priorité nationale », elle devrait redevenir un véritable service public. Mais les faits nous démontrent qu’elle n’en prend pas le chemin.

contact@montigny-solidarite.fr – a.hetier@montigny78.fr – d.nadeau@montigny78.fr

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