Mutation technologique ou choix de société ? (mars 2022)

  • Auteur/autrice de la publication :

Mutation technologique ou choix de société ?

Comme toute ville importante, Montigny est confrontée au stationnement. Comme d’autres, Montigny a recours au stationnement payant, censé éviter la voiture « ventouse » et régler, par les subsides, l’utilisation partagée des places dans les rues.

Les premiers parcmètres n’acceptaient que des pièces de monnaie. La collecte régulière et fréquente de ces pièces était confiée à une société privée, qui facturait sa prestation, et donc réduisait la recette correspondante.

Puis, Montigny a « modernisé » ses horodateurs, les paiements par carte bancaire ont été permis. Il fallait indiquer le numéro minéralogique du véhicule (plus question de donner son ticket à l’automobiliste suivant en cas de trop payé), d’où une perte de temps et un traçage possible. Il ne s’agissait plus de « libérer » des places, mais de taxer les automobilistes.

La récente reprise en régie publique est accompagnée d’un nouveau type de borne. Celles-ci autorisent un paiement par une application sur téléphone (cf. l’Ignymontain déc. 2021). L’utilisation d’espèces est toujours possible à Montigny (mais pour combien de temps ?).

Nouveau glissement, puisqu’en payant à distance, on peut prolonger le temps de stationnement : le but n’est pas de libérer les places. Certes, pour l’instant, le temps cumulé est restreint à 3 h 10 (2 h pour la première génération), mais qui nous dit que cette durée ne sera pas allongée dans l’avenir ?

Le stationnement payant n’a jamais libéré une seule place puisque le nombre total de véhicules (roulant et en stationnement) est le même. Le « disque bleu » non plus, mais c’est gratuit. C’est un leurre destiné à masquer la contradiction d’une société qui incite à produire et utiliser des produits sans se soucier des conséquences pourtant prévisibles.

Suivant les siècles et les environnements, l’Homme a adapté ses moyens de transport aux distances et aux technologies. Les temps modernes lui permettent de fabriquer des machines pour aller plus vite (pas toujours à bon escient), plus loin, plus facilement.

Sans forcément s’en rendre compte immédiatement, il s’est donné les moyens de restreindre la liberté, de créer des nuisances, de détruire son environnement, voire de mettre en péril sa propre survie. En réduisant l’utilisation de l’automobile pour les courtes distances, notamment dans les villes, nous commencerons à régler le défi du siècle.

Mais l’action individuelle ne suffit pas. Il faut s’atteler à changer ce type de société. Ce sera un enjeu des élections qui viennent.

Montigny Solidarité

contact@montigny-solidarite.fr – p.dejean@montigny78.fr – c.roze@montigny78.fr

(Télécharger la tribune au format pdf)

Laisser un commentaire