Tout voir, tout entendre, tout surveiller ! (avril 2021)

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Tout voir, tout entendre, tout surveiller !

Le 8 mars, le conseil municipal était appelé à voter le budget 2021. Budget difficile, dans une situation particulière, où tant les recettes que les dépenses sont soumises à aléas.

Cette année encore, nous avons constaté un achat de caméras pour un peu plus de 47 000 € après les 50 000 € en 2020 pour ne parler que de l’année précédente. Et il ne s’agit que de la partie extérieure. Il convient d’ajouter les serveurs et les écrans de supervision, les locaux et les logiciels, les câbles et les réseaux. Notre groupe a voté contre.

La vidéo-surveillance, est toujours présentée comme un élément de sécurité. Qui pourrait oser être contre l’amélioration de la sécurité ? Mais dans les faits, il n’y a rien qui vient étayer cette hypothèse. Si l’on se réfère à l’histoire récente, en premier lieu aux événements les plus tragiques comme les attentats, c’est dans les villes où il y a le plus de caméras qu’ils ont été commis : Boston, Londres, Nice ou Paris. Elle ne servent même pas à l’identification des auteurs. Ce n’est qu’après leur identification que l’on a pu les retrouver sur les enregistrements.

Le domaine de la sécurité, comme bien d’autres domaines, c’est avant tout de l’humain. La police, ce sont des gens qui enquêtent, qui réfléchissent, qui analysent et qui trouvent.

Cette protection qui ne protège de rien, nous est imposée par un « bourrage de crâne » télévisuel récurrent où des experts auto-proclamés en criminologie viennent se pavaner pour nous expliquer qu’avec des technologies intrusives nous vivrons en totale félicité, sans que jamais, ou plutôt très rarement, une opinion contraire puisse s’exprimer.

Par ce fait, la plupart des personnes qui mettent en œuvre ces moyens ne se doutent même de ce qu’ils font. Ils croient au bien fondé du discours sécuritaire et sont de bonne foi. Pour voir l’ampleur du problème, il faut aller plus loin et regarder autre chose que la caméra.

Hasard d’un calendrier malicieux ou volonté de célébrer le coup d’état de « Napoléon le petit », trois décrets (N° 2020-1510, 11 et 12) ont été pris le 2 décembre par le gouvernement. Ils autorisent, le fichage des opinions politiques, religieuses, philosophique, sanitaires, des voyages, des moyens de déplacement, de la situation familiale, des identifiants sur les réseaux sociaux, des pratiques sportives, … et bien d’autres critères de vie privée. Il ne manque que la reconnaissance faciale et la nationalité chinoise.

Sont concernées les personnes physiques et morales. Tout cela bien sûr au nom de la sécurité publique.

Comme le disait Victor Hugo (certes sur un autre sujet) : « Quand vous forgez une chaîne, vous dites : voici une liberté ! »

Montigny Solidarité

contact@montigny-solidarité ou p.dejean@montigny78.fr

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Cette publication a un commentaire

  1. Claude

    Les diverses études, en particulier en Grande-Brtetagne, montrent que une efficacité quasi nulle pour la vidéo-surveillance.
    Mais tout le monde à l’impression que c’est plus sécurisant ! Pourquoi les communes, la notre, n’explique la réalité de ce genre d’outils ?
    On se rapproche de la société chinoise, le contrôle social n’est plus très loin !

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