Les ordures du Père Noël (janvier 2021)

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Les ordures du Père Noël

Cette année, le Père Noël a fait un cadeau bien étrange aux Saint-Quentinois, et en particulier aux Ignymontains.

Sous prétexte d’harmonisation entre les communes, intention à priori louable, la Communauté d’Agglomération réussit le double exploit de baisser le nombre de tournées de collecte des déchets, donc le coût, et d’augmenter la taxe d’enlèvement. Au profit de qui ?

Parmi les justifications de cette mesure, qui prend effet le 4 janvier, on nous dit que les conteneurs ne sont pas toujours pleins. Et alors ? En quoi est-ce gênant pour la collecte ? Et si certains ne sont pas toujours pleins, d’autres le sont. Voire, parfois débordent. Alors il y a la solution miracle : les usagers pourront demander un conteneur plus grand. Au risque qu’il ne soit pas plein ?

La question de l’élimination des déchets est fondamentale. Il ne faut ni commencer par la fin, ni s’affranchir du fonctionnement global de notre société. Plus la production de déchets est importante, plus le problème de l’élimination se pose. C’est donc en amont qu’il faut étudier la question pour que le processus de fabrication, de vente et d’utilisation produise le moins de déchets possible.

Ce n’est pas le consommateur, qui n’a aucun pouvoir de décision, qui apportera une solution. Il ne maîtrise ni la qualité du produit, ni l’emballage. Les fabricants et marchands ont vite fait de comprendre l’intérêt financier qu’ils pouvaient en tirer. Les étalages se couvrent de monceaux d’objets dont la durée de vie est limitée, afin d’en assurer le remplacement rapide. La publicité est là pour nous faire croire qu’il est indispensable de posséder un produit dont on n’a aucun besoin.

Si la production moindre de déchets est primordiale, la question de l’élimination se pose quand même. Elle aussi, doit être sortie de la logique d’intérêts financiers privés. La réparation, la réutilisation, la mise en commun, le tri plus élaboré sont à organiser autant que le recyclage ou l’élimination définitive.

Bien des choses finissent à l’incinérateur, qui peut être une source d’énergie (nous ne parlons pas ici de son opportunité), mais en fixant comme but sa rentabilité financière, la logique veut que l’on incinère de plus en plus, donc que l’on néglige les autres voies et que l’on produise plus de déchets. Vous avez dit contradiction ?

Montigny Solidarité vous souhaite une bonne année 2021, tout en rappelant que les changements n’arrivent pas tout seuls mais nécessitent des citoyens engagés.

Montigny Solidarité

p.dejean@montigny78.fr

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